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  • Les données des enfants : la nouvelle cible des entreprises ?

    Empreinte numérique 2

    70 000 : c’est le nombre moyen de posts publiés sur chaque enfant le jour de sa majorité. Ce chiffre a de quoi faire réfléchir dans le contexte actuel où le respect de la vie privée est de plus en plus présent dans les esprits. La Commission Britannique à l’Enfance a donc publié un rapport (1) en novembre 2018 pour attirer l’attention sur la quantité croissante de données collectées sur les enfants. Elle souhaitait ainsi souligner les conséquences à court et long termes de la prise d’ampleur de l’empreinte numérique. Pourquoi une telle alerte ? En quoi cette pratique pourrait mettre en danger les enfants, aujourd’hui et une fois qu’ils seront adultes ? Quels risques à ainsi développer l’empreinte numérique ?
    Voici quelques pistes de réflexions issues de ce rapport.

    Une empreinte numérique des enfants en pleine expansion

    A la maison ou à l’école, les enfants et leur entourage produisent de plus en plus de données. Les possibilités de récupération de la data se sont en effet mutlipliées à travers l’utilisation des réseaux sociaux, des jeux en ligne, des applications éducatives et scolaires ou encore des objets connectés (enceintes intelligentes, babyphones avec caméra, jouets connectés…).
    Cette masse d’informations crée une empreinte numérique importante sur les enfants, d’autant qu’elle commence de plus en plus jeune, parfois même avant leur naissance lorsque les parents publient une photo de l’échographie sur les réseaux sociaux.

    Des risques pour l’enfant aujourd’hui et sur sa vie adulte

    Face à ce constat, la commission britannique à l’enfance alerte sur l’augmentation du risque de fraude à l’identité, la collecte de données depuis l’enfance permettant de créer des profils de plus en plus complets.
    Elle met également en avant le risque pour la sécurité immédiate de l’enfant, lié à la transmission de données non maîtrisée (ex. via les métadonnées d’un fichier) ou à la sécurisation souvent insuffisante des objets connectés utilisés par les enfants. Cette alerte a déjà été soulevée par la CNIL et UFC-Que Choisir.
    Enfin, elle alerte sur la difficulté de prévoir les conséquences à long terme, notamment celles liées au développement des algorithmes. A titre d’exemple, les données du langage collectées via une peluche connectée pourraient-elles influencer la sélection d’un candidat par une université ou une entreprise ?

    Un besoin de sensibilisation et d’encadrement dès aujourd’hui

    La sensibilisation et la formation des acteurs, notamment à l’impact de leur empreinte numérique, sont une priorité. Des actions doivent être anticipées dès aujourd’hui. La CNIL et l’Education Nationale ont d’ailleurs déjà lancé plusieurs projets en ce sens en 2018.
    L’entrée en vigueur du RGPD est également une 1ère étape en ce sens. Cette réglementation reconnait que les données des enfants nécessitent une protection spécifique et une obligation d’information « rédigée en des termes clairs et simples que l’enfant peut aisément comprendre ». La France a renforcé cette position en élevant la majorité numérique à l’âge de 15 ans.

    En conclusion, parents, professeurs, éducateurs, collaborateurs ou responsables d’entreprise, nous avons tous un rôle à jouer pour protéger les enfants, dès aujourd’hui, pour demain.

    (1) Source, Commission Britannique à l’Enfance.

    Texte écrit par Alban de Haut de Sigy

     

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