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  • Fintech & DSP2 : quels enjeux ?

    La multi-bancarisation ne cesse de se développer à travers la multiplication des moyens de paiements (Apple Pay, Paypal, Google Pay…), des nouveaux acteurs bancaires (Orange Bank, N26, Revolut…) et des services innovants, tels que les agrégateurs de comptes (Linxo, Fiduceo, Budget Insight…).

    Dans ce contexte de digitalisation à marche forcée, les acteurs financiers doivent :

    • Anticiper les attentes des clients, plus indépendants, mieux informés, mobiles et connectés, en diversifiant offres et services ;
    • Se conformer aux nouvelles réglementations, notamment la DSP2.

    Cette dernière a pour ambition de simplifier la vie du client dans son expérience multibancaire via les agrégateurs de compte qui permettent de :

    • visualiser clairement sa trésorerie grâce à la catégorisation de ces dépenses ;
    • obtenir un solde prévisionnel consolidé ;
    • enregistrer les historiques de prélèvements et anticiper le solde prévisionnel ;
    • piloter son solde (alerte en cas de découvert, de solde positif afin d’épargner le montant restant…).

    Elle a poussé les établissements bancaires à se positionner face à l’alternative suivante : incuber une fintech ou se tourner vers un dispositif de marque blanche.

    Incuber et incorporer les Fintechs

    En faisant le choix de s’associer à la fintech, les groupes bancaires peuvent à la fois conserver une rentabilité sur les usagers des nouveaux services, garder un contrôle sur la disruption du marché amenée avec DSP2 et avoir accès à des solutions innovantes.
    Pour les fintechs, les ressources financières des banques constituent un véritable levier de croissance. Bien qu’agiles et innovantes, elles peinent à pénétrer leur marché et à gagner en notoriété. Elles ont donc besoin de s’appuyer sur la connaissance des marchés et sur la base client des groupes établis de la place pour ajuster leurs modèles aux réalités du terrain.
    Les banquiers comme Crédit Agricole, Crédit Mutuel, Société Générale, s’empressent de multiplier les investissements dans la Fintech. Selon KPMG , 61% des institutions financières ont noué des accords de collaboration au cours des 3 dernières années et 81% souhaitent le faire dans les 3 prochaines. Ainsi, Linxo a pu opérer une levée record de 11 M€ en 2017.

    Diversifier la gamme de service par la marque blanche : « Fintegration »

    Autre possibilité pour les banques traditionnelles : offrir à leurs clients en marque blanche les technologies développées par les Fintechs. C’est le cas notamment d’HSBC qui a réagi le 1er en octobre 2016. En s’associant avec une Fintech, le groupe propose « HSBC Personal Economy » qui offre à ses clients d’agréger leurs comptes internes et externes afin d’optimiser le pilotage budgétaire.
    Ce business model a également permis l’éclosion de certaines Fintechs, comme Budget Insight, qui propose toute la structure informatique permettant aux banques de raccorder leurs systèmes d’informations et d’étendre la gamme de services proposés. Au-delà de la facilité de développement que cette solution propose, cela revient également à externaliser une partie des informations les plus sensibles (comptes, soldes, mouvements) via une API tierce.

    Perspectives et enjeux

    La DSP2 a poussé les acteurs traditionnels de la banque et les fintechs à repenser leurs relations. Elle leur a permis de trouver leurs marques et de se positionner les uns par rapport aux autres.
    Le marché n’est pas lissé pour autant : les néo-banques viennent troubler le jeu. La DSP2 ne créée pas de contraintes particulières pour elles, qui sont nativement digitales. Elle leur offre, au contraire, la possibilité d’être initiateur de paiement.
    Quelle stratégie vont adopter banques traditionnelles et fintech face à ces néobanques ?

     

    Texte initialement publié dans “Point Banque”

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