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Les Online Research Marketplaces, ces FinTechs qui se développent sur le découplage des frais de recherche imposé par MiFID 2

MIFID 2 et MIFIR (Market in Financial Instruments Directive 2 et Regulation) entrent en application le 3 janvier 2018 et vont bouleverser les banques et la plupart des institutions financières. Nous avons fait le choix de nous concentrer sur la remise en cause fondamentale du modèle actuel de financement de la recherche et de l’analyse financière entraînée par l’article 13 de la directive déléguée de MiFID 2, qui a permis l’émergence de FinTechs d’une nature nouvelle.

 

Jusqu’à aujourd’hui, la recherche était principalement fournie gratuitement à leurs clients par les courtiers et les Banque de Financement et d’Investissement (BFI), le Sell Side. Ceux-ci espéraient en retour être choisis par les clients du Buy-Side pour exécuter leurs ordres : les frais d’exécution couvraient alors le coût de la recherche. A partir du 3 janvier 2018, les fournisseurs de recherche devront facturer explicitement la recherche. Les consommateurs de recherche, principalement les gérants des sociétés de gestion, devront soit payer directement la recherche, soit la refacturer à l’investisseur final via un compte dédié, le Research Purchase Account (RPA).

 

C’est dans ce contexte qu’on assiste depuis 2015 à l’essor de FinTechs qui se positionnent sur le segment de la recherche et l’analyse financière : les Online Research Marketplaces (ORM). On peut notamment citer Alphametry, ResearchPool ou SeedAlpha. Ces plateformes virtuelles se proposent de mettre en relation producteurs et consommateurs de recherche.

 

Cependant ces plateformes ne se limitent pas à faire le lien entre les parties prenantes : leur proposition de valeur est va bien au-delà :

  • Accès facilité à un grand nombre de fournisseurs, en particulier aux Independent Research Providers (IRP)
  • Évaluation de la qualité des études de recherche et mise à disposition de classement des fournisseurs
  • Possibilité de sélectionner les notes de recherche les plus pertinentes sur chaque périmètre
  • Optimisation de la consommation de la recherche grâce à l’identification des études les plus pertinentes en fonction du profil de l’investisseur et un niveau de granularité plus fin
  • Amélioration de l’expérience client, avec des interfaces à la fois plus personnalisables et plus intuitives
  • Transparence et flexibilité du modèle de facturation : abonnement annuel, paiement à l’unité.

 

Ces nouvelles FinTechs voient un vaste marché s’ouvrir à elles : bien que MiFID 2 ne s’applique qu’aux clients européens, une adoption globale du nouveau modèle de transparence imposé par le régulateur européen est le scénario le plus probable. Cela oblige toutes les sociétés de gestion à repenser le modèle de financement de la recherche.

 

Le marché de la recherche, déjà en forte baisse depuis quelques années, va accélérer sa rationalisation avec l’entrée en vigueur de MiFID 2 : McKinsey estime à 1,2 milliard de dollars, soit près de 30%, la baisse du budget recherche au sein des BFI. Il y a peu de doutes sur le fait que des départements recherche au sein des grandes BFI sont amenés à disparaitre car peu d’investisseurs continueront de payer pour une recherche généraliste dès lors que celle-ci devient un centre de coût. Seules les études de recherche à réelle valeur ajoutée continueront à avoir un intérêt aux yeux des investisseurs.

 

L’intérêt pour les ORM est donc destiné à croître : avec la baisse annoncée des budgets dédiés à l’achat d’analyse financière, les gestionnaires d’actifs, en particulier ceux s’intéressant à des marchés très spécifiques, comme celui des PME par exemple, vont vouloir accéder à de vrais spécialistes des secteurs. Les ORM sont les mieux positionnées pour faire le lien entre les investisseurs et les niches de spécialistes.

 

On comprend aisément que la qualité des notes de recherche devient le principal critère d’achat et là encore, les ORM permettent de répondre aux besoins des investisseurs car elles mettent en place des processus d’évaluation très stricts de la qualité des analyses.

 

En créant des plateformes digitales qui font le lien entre investisseurs et analystes/spécialistes, les ORM ont su anticiper l’entrée en application de MiFID 2. Elles vont aujourd’hui accompagner les acteurs du secteur de la finance dans cette transition depuis un monde où la recherche était « gratuite »vers un monde où sa réelle valeur ajoutée par rapport à son coût devra être pilotée.

 

Publié initialement dans FinTech Mag